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LE CODE DES MARCHES PUBLICS


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LE CODE DES MARCHES PUBLICS

TITRE I :

DEFINITIONS - CHAMP D'APPLICATION ET PRINCIPES FONDAMENTAUX

 

 

CHAPITRE I :

DEFINITIONS

 

 

ARTICLE PREMIER 

DEFINITION  DES  TERMES UTILISES DANS LE CODE

Aux fins du présent Code, on entend par :

  • Affermage le mode de gestion d'un service public dans lequel un opérateur public ou privé, le fermier, loue les infrastructures d'une entité publique pour une durée déterminée contre le versement d'une redevance ou d'un loyer ;
  • Appel d'offres la procédure formalisée de mise en concurrence et d'attribution des marchés publics et de conventions de délégation de service public, caractérisé, par la pluralité des critères préétablis que doit utiliser la commission chargée de choisir l'attributaire ou le délégataire.
  • Appel d'offres international : le mode de passation de marché utilisant des moyens de publicité au niveau international et s'adressant aux personnes physiques et morale ; répondant aux critères d'éligibilité et de qualification définis dans les dossiers d'appel d'offres ; 
  • Appel d'offres national le mode de passation de marché utilisant des moyens de publicité au niveau national et s'adressant aux personnes physiques et morales répondant aux critères d'éligibilité et de qualification définis dans les dossiers d'appel d'offres ;
  • Attributaire le soumissionnaire dont l'offre a été retenue, avant l'approbation du marché ;
  • Autorité concédante ou concédant : l'autorité contractante ci-dessous définie au présent article, en qualité de signataire d'une convention de concession ;
  • Autorité contractante : la personne morale de droit public ou de droit privé ou l'entité visée à l'article 2 du présent Code, signataire d'un Marché public ;
  • Autorité délégante : l'autorité contractante ci-dessus définie, cocontractante d'une convention de délégation de service public ;
  • Candidat la personne physique ou morale qui manifeste un intérêt à participer ou qui est retenue par une autorité contractante pour participer à une procédure de passation de marchés ; 
  • Concession de service public le mode de gestion d'un service public dans le cadre duquel un opérateur privé ou public, le concessionnaire, est sélectionné conformément aux dispositions du présent code. Elle se caractérise par le mode de rémunération de l'opérateur à qui est reconnu le droit d'exploiter l'ouvrage à titre onéreux pendant une durée déterminée ;
  • Convention la convention de délégation de service public passée conformément au présent code ; 
  • Délégataire : la personne morale de droit privé ou de droit public signataire d'une convention de délégation de service public et à laquelle l'autorité délégante confie, conformément aux dispositions du présent Code, l'organisation et/ou l'exploitation d'un service public avec ou sans prestations complémentaires ;
  • Délégation de service public : le contrat par lequel une des personnes morales de droit public ou de droit privé visées à l'article du présent Code confie la gestion d'un service public relevant de sa compétence à un délégataire dont la rémunération est liée ou substantiellement assurée par les résultats de l'exploitation du service ;
  • Maître d'ouvrage : la personne morale de droit public ou de droit privé visée aux articles 36 à 38 du présent code qui est l'initiatrice de la commande publique et le propriétaire final de l'ouvrage ou de l'équipement technique, objet du marché ;
  • Maître d’ouvrage délégué : la personne morale de droit public ou de droit privé qui est le délégataire du maître d'ouvrage dans l'exécution de ses missions conformément aux articles 36 à 38 du présent Code ;
  • Maître d'œuvre : la personne morale de droit public ou de droit privé dont les attributions s'attachent aux aspects architectural, technique et économique de la réalisation d'un ouvrage de bâtiment, d'infrastructure ou d'équipement technique ;
  • Marché public ou Marché le contrat écrit conclu à titre onéreux par une autorité contractante pour répondre à ses besoins en matière de travaux, de fournitures ou de services au sens du présent Code ; 
  • Offre : l'ensemble des éléments techniques et financiers inclus dans le dossier de soumission et constituant la réponse d'un candidat à un appel d'offres ou à une négociation de gré à gré ;
  • Régie intéressée : le mode de gestion par lequel l'autorité contractante finance elle-même l'établissement d'un service public, mais en confie l'exploitation à une personne privée ou publique qui est rémunérée par l'autorité contractante tout en étant intéressée aux résultats que ce soit au regard des économies réalisées, des gains de productivité ou de l'amélioration de la qualité du service ;
  • Soumission : l'acte écrit par lequel un candidat à un marché ou à une convention fait connaître ses conditions et s'engage à respecter les cahiers des charges applicables. La soumission est un élément obligatoire de l'offre et deviendra, si le soumissionnaire est retenu, une pièce constitutive du marché ;
  • Soumissionnaire : la personne physique ou morale qui participe à un appel d'offres en déposant une offre ;
  • Titulaire : la personne physique ou morale, attributaire, dont le marché conclu avec l'autorité contractante, conformément au présent Code, a été approuvé.

TITRE I :

DEFINITIONS - CHAMP D'APPLICATION ET PRINCIPES FONDAMENTAUX

 

 

CHAPITRE II :

CHAMP D'APPLICATION DU CODE

 

 

ARTICLE 2 

APPLICATION AUX MARCHES PUBLICS

2.1 : Le présent Code s'applique aux procédures de passation, d'exécution, de règlement, de contrôle et de régulation des marchés publics, mises en œuvre par les autorités contractantes visées au présent article.

Les marchés publics sont des contrats écrits conclus à titre onéreux avec une ou des personnes physiques ou morales par l'Etat, les établissements publics, les Collectivités territoriales et, plus généralement, par les personnes morales de droit public, les associations formées par une ou plusieurs personnes morales de droit public, ainsi que par les sociétés d'Etat, et les sociétés à participation financière publique majoritaire, en vue de répondre à leurs besoins en matière de travaux, de fournitures ou de services.

2.2 : Les marchés passés par les Institutions. Structure, ou Organes de l'Etat créés par la  Constitution, la loi ou le règlement sont soumis au présent code pour tout ce qui est de leurs dépenses de fonctionnement et d'investissement. Il s'agit notamment de la Présidence de la République, de l'Assemblée nationale, du Conseil économique et social et de toute autre institution similaire.

Les dispositions du présent Code sont également applicables :

  1. a) aux marchés passés par des personnes de droit privé agissant pour le compte de l'Etat ou d'une personne morale de droit public ou d'une société d'Etat ;
  2. b) aux marchés passés par des personnes de droit privé lorsque ces marchés bénéficient du concours financier, de la garantie de l'Etat, d'une personne morale de droit public, d'une société d'Etat ou d'une société à participation financière publique majoritaire ;
  3. c) aux conventions passées entre des personnes morales de droit public. Les modalités d'application de ces conventions sont fixées par arrêté du ministre en charge des marchés publics.

2.4 : Les dispositions applicables aux marchés des Ambassades et Postes diplomatiques feront l'objet d'un arrêté conjointement signé par les ministres chargés des Marchés publics, des Finances et des Affaires étrangères.

 

 

ARTICLE 3 

3.1 : Les dispositions du présent Code sont également applicables aux procédures de passation, de contrôle et de régulation des conventions de délégation de service public, sauf dans le cas où celles-ci sont soumises à un régime particulier de nature législative ou réglementaire.

3.2 : Les délégations de service public sont des contrats par lesquels une personne morale de droit public, une société d'Etat, une société à participation financière publique majoritaire ou l'une des personnes de droit privé visées à l'article 2.3 ci-dessus confie l'organisation et/ou la gestion d'un service public relevant de sa compétence à un délégataire dont la rémunération est liée substantiellement aux résultats de l'exploitation du service.

3.3 : Au sens du présent Code, la convention de délégation de service public peut prendre, soit la forme d'une concession, d'un affermage, d'une régie intéressée, soit la forme d'un contrat innomé.

Quelle que soit sa forme, toute convention de délégation de service public doit fixer dans son contenu les modalités d'exploitation du service et le cas échéant, les prestations complémentaires mises à la charge du délégataire dans un but d'intérêt général.

 

 

ARTICLE 4 

APPLICATION AUX COORDINATIONS, GROUPEMENTS 
DE COMMANDES ET CENTRALES D'ACHATS

Le présent Code s'applique aux marchés passés dans le cadre d'un groupement de commandes ou par une centrale d'achats ou dans le cadre d'une coordination qui acquiert des fournitures et /ou services pour le compte des autorités contractantes, ou conclut des accords de travaux, de fournitures ou de services pour le compte des autorités contractantes.

 

 

ARTICLE 5 

APPLICATION AUX MARCHES SUR FINANCEMENT EXTERIEUR

Les marchés financés par des ressources extérieures sont soumis aux dispositions du présent Code, dans la mesure où celles-ci ne sont pas contraires aux dispositions des accords internationaux de financement.

 

 

ARTICLE 6 

SEUILS D’OBLIGATION DE  PASSER UN MARCHE

6.1 : Les personnes morales de droit public ou de droit privé visées à l'article 2 ci-dessus sont tenues de passer un marché, dans les conditions prévues au présent Code pour toute dépense de travaux, de fournitures ou de services dont la valeur est égale ou excède les seuils fixés par arrêté du ministre chargé des marchés publics.

Les seuils fixés à l'arrêté prévu à l'alinéa ci-avant peuvent être différents selon la nature juridique de l'autorité contractante, l'importance du budget alloué ou selon la nature de l'objet du marché.

6.2 : Dans le cas d'une opération inscrite dans le cadre d'un programme ou d'un projet pluriannuel ou ayant plusieurs sources de financement, les personnes morales de droit public ou de droit privé visées à l'article 2 ci-dessus sont tenues de passer un marché si le montant de la dépense prévue égale ou excède les seuils mentionnés à l'article 6.1 ci-dessus, quels que soient les montants annuels alloués pour son exécution, la répartition des sources de financement et la forme des paiements.

Les personnes morales de droit public ou de droit privé visées à l'article 2 ci-dessus sont tenues de passer un marché si le montant cumulé des fournitures et des services destinés à ces prestations égale ou excède les seuils mentionnés au premier alinéa ci-avant non seulement dans le cadre des activités qu'elles réalisent en régie mais aussi dans le cadre des régies financières qu'elles peuvent créer pour effectuer certaines de leurs activités.

Toutefois, les personnes morales de droit public ou de droit privé visées à l'article 2 ci-dessus ne sont pas tenues de passer un marché si le cumul porte sur des dépenses différentes dans leur nature, selon qu'il s'agit de travaux, fournitures ou services, sans autre lien entre elles que leur imputation budgétaire.

6.3 : Le fractionnement des dépenses soumises à l'obligation de passer un marché au sens du présent Code est strictement interdit.

 

 

 

ARTICLE 7 

DEPENSES EN DESSOUS DES SEUILS D'OBLIGATION DE PASSER UN MARCHE

Les dépenses de travaux, fournitures ou services dont les montants sont inférieurs aux seuils fixés par arrêté du ministre chargé des marchés publics, ne constituent pas des marchés publics. Aussi, peuvent-elles être réglées sur simples factures ou mémoires, sous réserve de l'application des règles d'engagement, de liquidation, d'ordonnancement et de paiement propres à l'autorité contractante.

Toutefois dans de tels cas, le gestionnaire a l'obligation d'organiser une concurrence informelle par la comparaison d'au moins trois factures aux fins de faire un choix efficace et économique.

Un arrêté du ministre chargé des marchés publics précisera les conditions de mise en œuvre de cette concurrence.

 

 

ARTICLE 8 

EXCLUSIONS

Le présent Code ne s'applique pas aux marchés de travaux, de fournitures et de services, lorsqu'ils concernent des besoins de défense et de sécurité nationales exigeant le secret ou pour lesquels la protection des intérêts essentiels de l'Etat est incompatible avec des mesures de publicité.

TITRE I :

DEFINITIONS - CHAMP D'APPLICATION ET PRINCIPES FONDAMENTAUX

 

 

CHAPITRE III :

PRINCIPES FONDAMENTAUX

 

 

ARTICLE 9 

PRINCIPES DES MARCHES PUBLICS ET DES CONVENTIONS DE DELEGATION DE SERVICE PUBLIC

 

Les Marchés publics et les Conventions de délégation du service public, quel qu'en soit le montant, sont soumis aux principes suivants :

  • le libre accès à la commande publique ;
  • l'égalité de traitement des candidats ;
  • la transparence des procédures ;
  • l'interdiction de toute discrimination fondée sur la nationalité des candidats, sous réserve de la préférence communautaire qui est appliquée à toute entreprise communautaire présentant une offre ;
  • la libre concurrence ;
  • l'économie et l'efficacité de la dépense publique ;
  • l'équilibre économique et financier.

 

 

ARTICLE 10 

SEPARATION ET INDEPENDANCE DES FONCTIONS DE CONTROLE ET DE REGULATION

Les fonctions de contrôle et les fonctions de régulation des marchés publics et des conventions de délégation de service public sont assurées par des organes distincts. Elles sont également garanties par des procédures et des mécanismes qui respectent le principe de leur séparation et de leur indépendance.

 

 

ARTICLE 11 

VALIDITE DES MARCHES

Les marchés publics doivent être passés, approuvés et notifiés avant tout commencement d'exécution.

Tout marché attribué en violation des articles 43 et 45 du présent Code est nul de plein droit.

Tout marché non approuvé par l'autorité compétente telle que définie à l'article 47 du présent Code ne saurait engager financièrement l'autorité contractante.

L'entrepreneur, le fournisseur ou le prestataire de service qui, nonobstant cette absence d'approbation, exécute un tel marché, le fait à ses risques et périls.

Les fonctionnaires, agents publics ou agents privés relevant des personnes visées à l'article 2 ci-dessus qui, par leurs faits, actes ou omissions ont favorisé la passation ou l'exécution d'un tel marché sont passibles des sanctions prévues à l'article 183 ci-dessous et par les textes en vigueur.

Toutefois, dans le cas d'un attributaire de bonne foi, le paiement pourra être ordonné par décision du ministre chargé des marchés publics, au vu du constat contradictoire sur les seules parts d'exécution réalisées.

En cas de récidive de l'attributaire, il est fait application stricte du principe de non-paiement, sans aucune exception.

TITRE II :

DISPOSITIONS GENERALES

 

 

CHAPITRE I :

INSTITUTIONS OU ORGANES CHARGES DES MARCHES PUBLICS

 

 

ARTICLE 12 

MINISTRE CHARGE DES MARCHES PUBLICS

Conformément aux orientations définies par le gouvernement, le ministre chargé   des marchés publics conçoit et met en œuvre la politique gouvernementale en matière de marchés publics et de convention de délégation de service public.

Dans le respect des lois et règlements en vigueur, le Gouvernement pourra créer toute structure ou tout organisme nécessaire à la mise en couvre de sa politique de Marchés publics et des conventions de délégation de service public.

 

 

ARTICLE 13 

STRUCTURE ADMINISTRATIVE CHARGEE DES MARCHES PUBLICS

La structure administrative chargée des Marchés publics est une entité administrative centrale de contrôle des Marchés publics et des conventions de délégation de service public, placée auprès du ministre chargé des Marchés publics.

Elle est notamment chargée du conseil, de l'assistance et de la formation en matière de Marchés publics et des conventions de délégation de service public et assure la gestion de l'information sur ces matières ainsi que des compétences qui lui sont attribuées par le présent Code.

 

 

ARTICLE 14 

COMMISSION ADMINISTRATIVE DE CONCILIATION

La Commission administrative de Conciliation est compétente pour régler les différends ou litiges internes à l'Administration, nés dans les phases de passation d'exécution, de règlement et de contrôle des marchés.

Dans le cadre de la gestion des procédures, elle prononce les sanctions aux infractions commises par les agents publics conformément aux dispositions du présent Code.

La Commission administrative de Conciliation est composée des membres ci-après :

  • un représentant du Premier ministre, président ; 
  • un représentant de l'Agence judiciaire du Trésor, rapporteur ;
  • un représentant de l'Inspection générale des Finances.

Les dispositions de l'article 44 sont applicables aux membres de la Commission ci-avant désignée.

Les fonctions de membre de la Commission administrative de Conciliation sont incompatibles avec celles de membre de la Commission d'ouverture des plis et de jugement des offres prévues à l'article 43.

La Commission administrative de Conciliation détermine son règlement intérieur.

Un arrêté du ministre chargé des marchés publics fixe les modalités d'organisation, et de fonctionnement de la Commission administrative de Conciliation.

 

 

ARTICLE 15 

AUTORITE NATIONALE DE REGULATION DES MARCHES PUBLICS

 

Il est créé une Autorité nationale de Régulation des Marchés publics chargée :

  • d'assurer l'application et le respect des principes généraux régissant les marchés publics  ;
  • de faire former les acteurs dans les domaines des Marchés publics ;
  • du surveiller et veiller à la bonne marche du système d'information des Marchés publics ;
  • de conduire des audits sur les Marchés publics.

Les missions et les attributions ainsi que la composition, l'organisation et les modalités de fonctionnement de l'Autorité nationale de Régulation des Marchés publics sont fixées par décret.

TITRE II :

DISPOSITIONS GENERALES

 

 

CHAPITRE II :

PREPARATION DE LA PASSATION DES MARCHES PUBLICS

 

 

ARTICLE 16 

CONSTITUTION D'UNE BASE DE DONNEES DES ENTREPRISES CATEGORISEES

En vue d'accélérer et de rendre transparentes les procédures de passation des marchés publics, la structure administrative chargée des Marchés publics constituera une base de données des entreprises catégorisées que les autorités contractantes pourront consulter et exploiter en fonction de leurs besoins.

La base de données des entreprises catégorisées sera établie à partir d'une catégorisation des entreprises. Celle-ci consiste à distinguer les entreprises par secteur d'activité, à déterminer des catégories de niveau de performance dans chaque secteur d'activité donné, et à attribuer une catégorie de niveau de performance à chaque entreprise qui en aura fait la demande.

La création, la consultation et l'exploitation de la base de données des entreprises catégorisées s'effectueront dans le respect des principes fondamentaux des Marchés publics et des conventions de délégation de service public visés à l'article 9 ci-dessus.

Un arrêté du ministre chargé des Marchés publics fixe le régime de constitution, d'organisation et de fonctionnement de la base de données des entreprises catégorisées.

 

 

ARTICLE 17 

INSCRIPTION DES ENTREPRISES DANS LA BASE DE DONNEES DES ENTREPRISES CATEGORISEES

La structure administrative chargée des marchés publics ne peut inscrire une entreprise dans la base de données sans avoir reçu au préalable une demande d'inscription de celle-ci.

Toute entreprise qui demande à être inscrite au fichier de la base de données doit constituer un dossier de catégorisation sur la base duquel la structure administrative chargée des Marchés publics, après une évaluation, l'affectera à une catégorie de niveau de performance correspondant à ses capacités.

La décision de la structure administrative chargée des Marchés publics visée à l'alinéa ci-dessus est susceptible de recours devant les organes compétents par l'entreprise requérante.

Une entreprise catégorisée peut, lors de la mise à jour périodique effectuée par la structure administrative chargée des Marchés publics, être reclassée dans une catégorie supérieure ou dans une catégorie inférieure.

Dans tous les cas, l'entreprise reclassée dans une catégorie donnée dispose des recours visés à l'alinéa 3 du présent article en vue de son reclassement éventuel.

 

 

ARTICLE 18 

PLANIFICATION DE LA PASSATION DES MARCHES PUBLICS

18.1: Toutes les personnes morales visées à l'article 2 du présent Code sont tenues, dès l'approbation de leur budget, de préparer, avant la passation de tout nouveau marché, un    programme prévisionnel et révisable de passation des marchés en cohérence avec les crédits qui leur sont alloués et leur programme d'activité annuel. 

Ce programme est communiqué à la structure administrative chargée des Marchés publics et à l'Autorité nationale de Régulation des Marchés publics qui en assurent la publicité selon les modalités que chacun d'entre elles aura définies.

18.2 : Ce programme est publié dans le Bulletin officiel des Marchés publics de la République de Côte d'Ivoire, et sur le site Web de la structure administrative chargée des Marchés publics et si possible dans un Journal à diffusion nationale.

Toutefois, le ministère chargé de la Défense nationale et le ministère chargé de la Sécurité sont dispensés de cette publication pour les activités liées à la sécurité et à la défense nationales. Cette exception s'étend également à toutes les administrations exerçant directement des activités liées à la défense et à la sécurité nationales.

Un modèle du programme prévisionnel est établi et diffusé par la structure administrative chargée des Marchés publics. 

18.3 : Les marchés passés par les autorités contractantes doivent avoir été préalablement inscrits dans ces programmes prévisionnels ou révisés, à peine de nullité, sous réserve d'une décision motivée de la structure administrative chargée des Marchés publics.

 

 

ARTICLE 19 

DETERMINATION DES BESOINS A SATISFAIRE

19.1 : La nature et l'étendue des besoins à satisfaire sont déterminées avec précision par les autorités contractantes avant toute procédure de passation des marchés publics. Le marché conclu par l'autorité contractante doit avoir pour objet exclusif de répondre à ces besoins.

19.2 : Toutefois, lorsque pour des raisons économiques, techniques ou financières, le rythme ou l'étendue des besoins à satisfaire ne peuvent être arrêtés dans le marché, l'autorité contractante peut passer un marché à commandes, dans les conditions fixées à l'article 104 ci-dessous.

 

 

ARTICLE 20 

DEFINITION DES PRESTATIONS

Les travaux, fournitures ou services qui font l'objet de marchés sont définis par référence à des normes ou spécifications homologuées ou utilisées en Côte d'Ivoire ou à des normes internationales qui doivent être expressément mentionnées dans le règlement particulier d'appel d'offres et dans les cahiers des charges. La référence à des normes ne doit pas avoir pour effet de créer des obstacles injustifiés à l'ouverture des Marchés publics à la concurrence.

Toute référence à une marque commerciale, appellation, brevet, à des rubriques de documentation ou à des spécifications exclusives émanant d'un fournisseur ou d'un prestataire particulier doit être proscrite. Si une telle référence devrait être mentionnée pour compléter une spécification, elle devra âtre accompagnée de la mention « ou équivalent ».

 

 

ARTICLE 21 

CONSTITUTION DES DOSSIERS D'APPEL D'OFFRES

21.1 : Le dossier d'appel à la concurrence est rédigé par l'autorité contractante, le maître d'ouvrage délégué ou le maître d'œuvre, s'il existe. Il doit comporter au minimum le Règlement particulier d'Appel d'Offres (RPAO) ainsi que les pièces particulières indiquant notamment les clauses administratives, juridiques, financières et techniques, la description détaillée des travaux, fournitures ou services, leur consistance et leurs spécifications techniques.

Le dossier d'appel à la concurrence comporte au minimum les renseignements suivants :

  • les instructions pour l'établissement des offres ;
  • le délai de validité des offres ;
  • l'identification pièces ou autres éléments  d’information exigés des candidats pour  justifier de leurs qualifications ;
  • la description qualitative et quantitative des biens requis ;
  • tous les services accessoires à exécuter ;
  • le lieu où les travaux doivent être effectués ou celui ou les biens ou services doivent être fournis ;
  • le délai requis pour l'exécution des travaux, la fourniture des biens ou des services ;
  • les critères et procédures à respecter pour détermine l'offre à retenir ;
  • les clauses et conditions d'exécution du marché et, le cas échéant, le modèle de document contractuel à signer par les parties ;
  • les exigences relatives à la possibilité de présenter des variantes ainsi que les conditions et méthodes d'analyses de celles-ci aux fins de comparaison des offres ;
  • la manière dont le montant des offres doit être formulé et exprimé, y compris une mention indiquant si le prix doit couvrir des éléments autres que le coût des travaux, des biens, ou services, tels que tous frais de transport et d'assurance, droits de douanes et taxes applicables, éléments de garanties et de service après vente ;
  • la ou les monnaies dans lesquelles le montant des offres doit être formulé et exprimé ;
  • l'indication que tes offres doivent être établies en langue française ;
  • les exigences en matière de cautionnement ;
  • les procédures à suivre pour l'ouverture des plis et l'examen des offres ;
  • la monnaie de référence et, éventuellement le taux de change à utiliser pour l'évaluation et la comparaison des offres financières ;
  • les références au présent Code et à ses textes d'application.

21.2 : En cas de négociation directe, le dossier comporte les mêmes éléments à l'exception du règlement particulier d'appel d'offres.

21.3 : L'obtention du dossier d'appel à la concurrence peut être conditionnée par le versement d'une contribution aux frais de constitution matérielle du dossier, contre quittance. Dans ce cas, cette obligation est portée à la connaissance des candidats par les moyens définis aux articles 63, 64 et 83 ci-dessous.

 

 

ARTICLE 22 

MODIFICATION DES DOSSIERS D'APPEL D'OFFRES

L'autorité contractante, le maître d'ouvrage délégué ou le maître d'œuvre s'il existe, peut apporter des modifications au dossier d'appel d'offres déjà publié selon les nécessités par une demande motivée soumise à l'appréciation de la structure administrative chargée des marchés publics.

Un procès-verbal de toutes les modifications approuvées est dressé et joint au dossier d'appel d'offres.

Les modifications du dossier d'appel d'offres sont transmises à tous les candidats dix (10) jours ouvrables au minimum avant la date limite de réception des offres. Toutefois si les modifications interviennent moins de dix (10) jours avant la date limite de réception des offres, cette date limite doit être prorogée de manière à respecter le délai réglementaire de publication.

 

TITRE II :

DISPOSITIONS GENERALES

 

 

 

CHAPITRE III :

DOCUMENTS CONSTITUTIFS DU MARCHE

 

 

ARTICLE 23 

FORME ET PIECES CONSTITUTIVES DU MARCHE

23.1: Les marchés sont conclus sous forme écrite et font l'objet d'un document unique dont les pièces constitutives comprennent au minimum l'acte d'engagement, les cahiers des Charges et la soumission telle que définie à l'article premier du présent Code.

Les pièces constitutives du marché définissent les engagements réciproques des parties contractantes.

Elles doivent contenir toutes les indications propres à faciliter la compréhension de son objet par les parties contractantes.

23.2 : Les pièces constitutives des projets de marchés sont préparées par les services compétents de l'autorité contractante.

 

 

ARTICLE 24

ACTE D'ENGAGEMENT

L'acte d'engagement est la pièce signée par un candidat à un marché public dans laquelle il présente son offre ou sa proposition et adhère aux clauses que l'autorité contractante a rédigées.

Cette pièce est ensuite contresignée par l'autorité contractante.

 

 

ARTICLE 25

CAHIERS DES CHARGES

Les cahiers des Charges déterminent les conditions contractuelles dans lesquelles les marchés sont exécutés.

Ils comprennent notamment :

  • le cahier des Clauses administratives générales (CCAG) qui fixe les dispositions juridiques, administratives et financières applicables à chaque type de marché ;
  • le Cahier des Clauses administratives particulières (CCAP) qui fixe les clauses juridiques, administratives et financières propres à chaque marché et indique, le cas échéant, les articles du CCAG auxquels il déroge ;
  • le Cahier des Clauses techniques Générales (CCTG) qui fixe les dispositions techniques applicables à chaque type de marché ;
  • le Cahier des Clauses techniques particulières (CCTP) qui fixe les clauses techniques propres à chaque marché et indique, le cas échéant, les articles du CCTG auxquels il déroge.

Les Cahiers des Clauses administratives générales et les Cahiers des Clauses techniques générales font l'objet de décrets pris en Conseil des ministres sur rapport conjoint du ministre chargé des Marchés publics et du ou des ministres dont relève le domaine considéré.

Les CCAG et CCTG sont des compléments au présent Code pour l'exécution et le contrôle de l'exécution des Marchés.

 

 

ARTICLE 26

MENTIONS OBLIGATOIRES DU MARCHE

Le document du marché doit contenir au moins les mentions suivantes

  • le mode de passation du marché ;
  • le domicile ou le siège social des parties ;
  • l'indication précise des parties contractantes notamment leur nature juridique ;
  • l'énumération par ordre de priorité des pièces contractuelles ;
  • la consistance et la description détaillée des travaux, fournitures ou services :
  • le mode de réalisation des travaux, de livraison des fournitures et d'exécution des services ;
  • le contenu principal du prix et notamment l'indication du caractère de prix unitaires, de prix forfaitaires, de prix global et forfaitaire  ou de prix rémunérant une dépense contrôlée ;
  • la définition et les conditions particulières d'application des prix ;
  • le montant du marché hors taxes et le montant toutes taxes comprises ;
  • les conditions et modalités de règlement ;
  • des formules de révision des prix pour les marchés qui prévoient de telles révisions ;
  • les délais de réalisation des travaux, de livraison des fournitures ou d'exécution des services ;
  • les délais légaux et contractuels de garantie ;
  • les conditions et modalités de résiliation ;
  • les conditions de règlement des litiges ;
  • le comptable assignataire des paiements ;
  • le ou les budgets ou les sources de financement de la dépense ;
  • le numéro de compte contribuable du titulaire délivré par l'administration fiscale ivoirienne ou la référence aux textes l'en dispensant ;
  • les références aux cahiers des clauses générales applicables au marché ;
  • les assurances civile et professionnelle du titulaire du marché, le cas échéant ;
  • toutes les dispositions spécifiques au marché.

 

 

ARTICLE 27

USAGE DE LA LANGUE FRANÇAISE

Dans le cadre des procédures de passation, d'exécution, de règlement, de contrôle et de régulation des marchés publics ainsi que des conventions de délégation de service public, toutes les pièces écrites, publiées, remises aux ou par les candidats, soumissionnaires, attributaires et titulaires, à quelque titre que ce soit, doivent être impérativement établies en langue française.

 

TITRE II :

DISPOSITIONS GENERALES

 

 

CHAPITRE IV :

PRIX DES MARCHES

 

 

ARTICLE 28

CONTENU ET CARACTERE GENERAL DES PRIX

Les prix des marchés sont réputés d'une part couvrir tous les frais, charges et dépenses qui sont la conséquence nécessaire de l'exécution des travaux, fournitures ou services objet du marché, y compris les impôts, droits et taxes applicables sauf lorsqu'ils sont exclus du prix du marché ou font l'objet d'une exonération, et d'autre part assurer au  titulaire un bénéfice.

Les marchés comportant une clause d'exonération d'impôts, droits ou taxes doivent viser les textes législatifs et/ou réglementaires, ainsi que les conventions, décisions ou actes, prévoyant ces exonérations.

 

 

ARTICLE 29

NATURE DES PRIX DES MARCHES

Les travaux, fournitures ou services faisant l'objet du marché sont réglés, soit par des prix unitaires appliqués aux quantités réellement exécutées dans les conditions du marché, soit par des forfaits, soit en rémunération d'une dépense contrôlée.

 

 

ARTICLE 30

DEFINITION DES NATURES DE PRIX

30.1 : Les prix unitaires sont fixés pour une nature ou un élément de travaux, fournitures ou services, objet du marché et sont appliqués aux quantités exécutées ou livrées pour déterminer le montant à régler.

30.2 : Un prix est forfaitaire lorsqu'il rémunère l'entrepreneur, le fournisseur ou le prestataire de services pour tout ou partie des travaux, fournitures ou des services définis dans le marché.

30.3 : Le prix sur dépenses contrôlées est celui dans lequel les dépenses réelles engagées par l'entrepreneur, fournisseur ou prestataire de services pour réaliser l'objet du marché lui sont intégralement remboursées, sur la base de justificatifs appropriés, par l'autorité contractante qui y ajoute un coefficient de majoration destiné à couvrir les frais généraux, les impôts et taxes ainsi qu'une marge bénéficiaire. Le marché doit indiquer la valeur des différents éléments qui concourent à la détermination du prix de règlement. Les cahiers des charges fixent les montants maxima des prestations rémunérées sur dépenses contrôlées.

30.4 : Les marchés qui comportent, en tout ou partie, des travaux, fournitures ou services rémunérés en dépenses contrôlées, donnent une estimation du volume des prestations et précisent la nature ainsi que les conditions de règlement de ces dépenses.

 

 

ARTICLE 31 

CARACTERE CONTRACTUEL DES COMPOSANTES DE L'OFFRE FINANCIERE

Pour un marché sur prix unitaires, le bordereau des prix unitaires présenté dans l'offre est contractuel et le marché contient le devis quantitatif estimatif présenté dans l'offre qui n'est pas contractuel.

Pour un marché à prix global et forfaitaire, le descriptif est contractuel et le marché contient la décomposition du prix global et forfaitaire qui n'est qu'indicative tant en prix qu'en quantités.

Pour chaque forfait partiel, le descriptif est contractuel.

 

 

ARTICLE 32

DECOMPOSITION DES PRIX

Dans le cas de travaux d'une certaine complexité et même après l'approbation du marché, l'autorité contractante, le maître d'ouvrage délégué ou le maître d'œuvre s'il existe, peut exiger, pour chaque prix unitaire, un sous-détail de ce prix et pour chaque prix forfaitaire une décomposition de ce prix.

 

 

ARTICLE 33

PRIX FERMES ET PRIX REVISABLES

33.1 : Les prix des marchés sont fermes pour la durée du marché ou révisables. Le prix est ferme lorsqu'il ne peut pas être modifié en cours d'exécution du marché à raison des variations des conditions économiques. Il est révisable lorsqu'il peut varier durant l'exécution du marché en fonction des paramètres expressément prévus par la clause de révision du prix stipulée par le marché.

33.2 : Un marché est conclu à prix ferme dans le cas où cette forme de prix n'est pas de nature à exposer à des aléas majeurs le titulaire ou l'autorité contractante du fait de l'évolution raisonnablement prévisible des conditions économiques pendant la période d'exécution du marché.

Dans tous les cas, les marchés publics sont à prix ferme pendant la première année de leur exécution.

33.3 : Les marchés peuvent prévoir une clause de révision de prix lorsque leur durée d'exécution dépasse douze (12) mois afin de prendre en compte la variation du coût des éléments de la prestation concernée. Dans ce cas, les cahiers des Charges précisent la formule de révision du prix, ainsi que la périodicité et les modalités de son application. La formule de révision du prix comporte obligatoirement une partie fixe et une partie qui varie en fonction de paramètres correspondant aux éléments les plus représentatifs des prix de revient, sans qu'il puisse être fait état de paramètres n'ayant pas de rapport direct et immédiat avec l'objet du marché.

Toutefois, lorsque l'application de la formule de révision des prix conduit à une variation supérieure à 20 du montant initial du marché ou du montant de la partie du marché restant à exécuter, l'autorité contractante ou le titulaire peut demander la résiliation du marché.

33.4 : A l'expiration du délai contractuel d'exécution du marché, les formules de révision de prix ne peuvent plus s'appliquer dans le sens de la hausse ; elles restent applicables dans le sens de la baisse.

 

 

ARTICLE 34

ACTUALISATION DES PRIX

Tout marché peut comporter une clause d'actualisation permettant une réévaluation du prix initial avant le début de l'exécution des travaux. Celle-ci ne peut jouer que s'il s'est écoulé plus de trois (3) mois entre la date d'établissement du prix et celle du début de l'exécution des travaux.

TITRE III :

PASSATION DES MARCHES

 

 

 

CHAPITRE I :

PERSONNES ET ORGANES CHARGES DE LA PASSATION DES MARCHES

 

 

SECTION 1 :

PERSONNES CHARGEES DE LA PASSATION DES MARCHES

 

 

ARTICLE 35

AUTORITE CONTRACTANTE

 

L'initiative et la conduite de la passation d'un Marché public incombent à l'autorité contractante. A ce titre, elle doit notamment réaliser en conformité avec les dispositions du présent Code, les opérations suivantes :

  • la définition des besoins et la planification des opérations ;
  • la publication du programme prévisionnel annuel de passation des marchés ;
  • la préparation des dossiers d'appel d'offres ;
  • la gestion du processus d'attribution des marchés ;
  • la préparation du dossier de marché aux fins de son approbation ;
  • la notification du marché approuvé ;
  • le suivi de l'exécution et la réception des prestations ;
  • la rédaction d'un rapport d'achèvement de l'exécution du marché.

 

 

ARTICLE 36

MAÎTRE D’OUVRAGE

Le maître d'ouvrage est la personne morale, privée ou publique pour le compte de laquelle sont réalisées les prestations. Il en est le commanditaire et en assure le financement.

Le maître d'ouvrage est responsable de l'expression fonctionnelle des besoins. Il représente l'utilisateur final de l'ouvrage et à ce titre le réceptionne. N'ayant pas forcement les compétences techniques liées à la réalisation de l'ouvrage, il doit s'entourer au besoin de personnes ressources pour la réalisation du projet.

L'autorité contractante peut revêtir la qualité de maître d'ouvrage.

 

 

ARTICLE 37

MAITRE D'OUVRAGE DELEGUE

Le maître d'ouvrage ou l'autorité contractante peut déléguer tout ou partie de ses attributions relatives à la passation et à l'exécution de marchés concernant la réalisation :

  • d'ouvrages, de bâtiments ou d'infrastructures, y compris la fourniture de matériels et équipements nécessaires à leur exploitation ;
  • de programmes d'intérêt public ou projets inclus dans de tels programmes, comprenant un ensemble de travaux, fournitures et services.

Les règles de passation des marchés utilisées par le mandataire du maître d'ouvrage ou de l'autorité contractante dénommé maître d'ouvrage délégué sont celles qui s'appliquent au mandat, sous réserve des adaptations nécessaires pour tenir compte de l'intervention du maître d'ouvrage délégué.

 

 

ARTICLE 38

ATTRIBUTIONS DU MAÎTRE D'OUVRAGE DELEGUE

 

Le maître d'ouvrage ou l'autorité contractante peut confier au maître d'ouvrage délégué, dans les conditions définies par la convention mentionnée à l'article 39 ci-dessous, l'exercice en son nom et pour son compte, de tout ou partie des attributions suivantes :

  • la définition des conditions administratives et techniques selon lesquelles l'ouvrage ou le projet concerné sera exécuté ;
  • l'organisation et la conduite de la procédure de passation des marchés nécessaires à l'exécution de l'ouvrage ou du projet jusqu'à l'attribution ;
  • la gestion des marchés passés au nom et pour le compte du maître d'ouvrage ou de l'autorité contractante ;
  • l'autorisation des paiements aux titulaires des marchés ;
  • la réception de l'ouvrage ou du projet ;
  • l’accomplissement de tous les actes afférents aux attributions mentionnés ci-dessus.

Le maître d'ouvrage délégué n'est tenu envers le maître d'ouvrage ou l'autorité contractante que de la bonne exécution des attributions dont il a  personnellement été chargé par celle-ci.

Le maître d'ouvrage délégué représente Ie maître d'ouvrage ou l'autorité contractante à l'égard des tiers dans l'exercice des attributions qui lui ont été confiées jusqu'à ce que celui-ci ait constaté l'achèvement de sa mission dans les conditions définies par la convention mentionnée à l'article 39 ci-dessous.

A ce titre, il peut agir en  justice.

 

 

ARTICLE 39

CONVENTION DE MAÎTRISE D'OUVRAGE DELEGUE

Les rapports entre le maître d'ouvrage ou l'autorité contractante et le maître d'ouvrage délégué sont définis par une convention passée conformément à la procédure applicable aux marchés de prestations  qui prévoit entre autres :

  • les attributions confiées au maître d'ouvrage délégué ;
  • les modalités du contrôle technique, financier et comptable exercé par le maître d'ouvrage ou l'autorité contractante aux différentes phases de l'opération y compris les phases de réalisation du marché qui sont soumises à l'approbation préalable de celui-ci.

 

 

ARTICLE 40

MAÎTRE D'OEUVRE

Le maître d'œuvre est la personne morale de droit public ou de droit privé constituée au bureau d'étude chargée par le maître de l'ouvrage d'apporter des réponses notamment architecturales, techniques et économiques à la réalisation d'un ouvrage.

Le maître d'œuvre assiste le maître d'ouvrage dans la passation des marchés, assure la direction et le contrôle de l'exécution des travaux. Le maître d'œuvre et le maître d'ouvrage sont liés par un contrat de maîtrise d'œuvre.

Le maître d'œuvre doit toujours être choisi en dehors des services du maître d'ouvrage. Toutefois, dans certains cas, le maître d'œuvre peut être choisi au sein des services du maître d'ouvrage. Dans ces cas, l'avis de la structure administrative chargée des Marchés publics est requis.

 

 

ARTICLE 41

CONTRAT DE MAÎTRISE D'ŒUVRE

Le contrat de maîtrise d'œuvre est le contrat par lequel le maître de l'ouvrage confie au maître d'œuvre, choisi pour sa compétence, une mission de conception et d'assistance pour la réalisation des ouvrages de bâtiments ou d'infrastructures.

Le contrat de maîtrise d'œuvre qui est un marché de services porte sur tout ou partie des éléments suivants :

  • les études d'esquisse ;
  • les études de projets ;
  • l'assistance au maître de l'ouvrage pour la passation du contrat de travaux ;
  • la direction et le contrôle de l'exécution des travaux ;
  • l'ordonnancement, le pilotage et la coordination du ou des chantiers ;
  • l'assistance au maître de l'ouvrage lors des opérations de réception et pendant la période de garantie de parfait achèvement des travaux.

La mission de maîtrise d'œuvre donne lieu à une rémunération forfaitaire fixée contractuellement. Le montant de cette rémunération tient compte de l'étendue de la mission, du niveau de complexité et du coût prévisionnel des travaux.

Le marché de maîtrise d'œuvre est passé selon la procédure applicable aux marchés de prestations intellectuelles.

 

SECTION II :

 ORGANES CHARGES DE LA PASSATION DES MARCHES

 

ARTICLE 42

CELLULE DE PASSATION DES MARCHES PUBLICS

Au niveau de chaque ministère ou entité assujetti au Code des Marchés publics, est mise en place une cellule de passation des marchés chargée de préparer et de veiller à la qualité et à la régularité des dossiers de passation des marchés ainsi qu'au bon fonctionnement de la commission d'ouverture des plis et de jugement des offres.

La composition et les conditions de fonctionnement de la cellule de passation des marchés sont fixées par arrêté du ministre chargé des Marchés publics.

 

 

ARTICLE 43

COMMISSION D'OUVERTURE DES PLIS ET DE JUGEMENT DES OFFRES

 

43.1: Une commission ad hoc d'ouverture des plis et de jugement des offres, placée auprès de l'autorité contractante, est chargée de l'ouverture des plis, de l'évaluation des offres et de la désignation du ou des attributaires.

La composition de la commission d'ouverture des plis et de jugement des offres est variable en fonction de la nature de l'autorité contractante et de l'objet de l'appel d'offres.

43.2 : Si l'autorité contractante est une administration centrale de l'Etat, un service à compétence nationale de l'Etat, un établissement public national ou un projet, la Commission visée à l'article 43.1 ci-dessus est composée de la façon suivante :

  • le responsable de la cellule de passation des marchés publics ou son représentant, président ;
  • un représentant de l'autorité contractante ou du maître d'ouvrage, ouvrage, ou du maître d'ouvrage délégué s'il existe, rapporteur ;
  • un représentant du maître d'œuvre s'il existe. Dans ce cas, ce représentant assure les fonctions de rapporteur ;
  • un représentant du ou de chacun des services utilisateurs ;
  • un représentant du ministère exerçant une tutelle sur l'objet de la dépense, le cas échéant 

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