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DEVELOPPEMENT -ECONOMIE CIRCULAIRE


Source: www.circul-r.com, Publication: Sat 13 Feb 2016

« UNE ECONOMIE CIRCULAIRE VALORISÉE: LA PAUVRETÉ EST AUSSI À ÉRADIQUER. »


« UNE ECONOMIE CIRCULAIRE VALORISÉE:  LA PAUVRETÉ EST AUSSI À ÉRADIQUER. »


« UNE ECONOMIE CIRCULAIRE VALORISÉE: LA PAUVRETÉ EST AUSSI À ÉRADIQUER. »

La pauvreté, comme les déchets, est une création humaine.

Même si une telle affirmation peut déranger certaines personnes, nous devons apprendre à dépasser les barrières que nous nous fixons en permanence, que ce soit dans nos esprits, dans nos perceptions ou nos croyances, sur ce que nous jugeons être la vérité. Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix en 2006, demande à ce que l’on « mette la pauvreté au musée », et il a raison ! Mais pour atteindre un tel objectif, nous devons entièrement repenser le progrès, la croissance et nos croyances.

Une Economie Circulaire pourrait nous aider à concevoir une approche sociale et inclusive de la croissance qui deviendrait la nouvelle marche à suivre pour les pays développés mais plus particulièrement pour les pays émergents. Dans le cas d’économies en transition comme l’Afrique du Sud, la pauvreté et le chômage – principalement chez les jeunes et chez les personnes défavorisés – font partis des problématiques prioritaires. Avec 26,8% de chômage, l’Afrique du Sud est classée 8ème au niveau mondial dans cette catégorie par l’Organisation Internationale du Travail (OIT).

Suivre le modèle de développement des pays du Nord – dont le succès fut basé sur un accès illimité aux ressources – n’est plus une option. L’Afrique du Sud, ainsi que les autres pays du continent africain, se doivent d’inventer leur propre modèle de croissance en préservant les normes sociales et environnementales, et ce, tout en générant de l’emploi pour l’ensemble de leur population, avant tout les jeunes.

Les Nations Unies ont démontré à plusieurs reprises que l’instabilité en Afrique avait pour raison première le chômage. S’attaquer en priorité à cette problématique est donc primordial pour y instaurer de la stabilité.

Alors que les bénéfices potentiels d’un passage à une Economie Circulaire en Europe se traduisent par une réduction de l’utilisation de matières premières de l’ordre €2.5tn, en Afrique du Sud cela n’aura sans doute pas le même impact en termes de matériaux, mais pourrait créer des effets bénéfiques sous-jacents multiples si l’on adhère à une nouvelle approche du développement.

Un modèle que le monde pourrait envier. Pourquoi ? Parce que le continent a le luxe d’avoir la majorité de ses pays sous le seuil des 1,8 hectares par personne de bio-capacité, à savoir, le nombre d’hectares moyen dont chaque habitant dispose pour vivre (notre empreinte environnementale). C’est un avantage conséquent aujourd’hui! Il est beaucoup plus simple pour un pays disposant d’une empreinte environnementale faible de devoir définir un nouveau modèle de croissance régénérée, que de devoir changer le modèle pour diminuer son empreinte, comme c’est le cas de l’Europe, des Etats-Unis et de certains pays asiatiques qui devront s’y atteler pleinement jusqu’à la fin de ce siècle.

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Carte : Empreinte écologique par personne en 2010.

Une économie basée sur l’humain plutôt que sur la machine, sur l’être plutôt que sur l’avoir, sur la collaboration plutôt que le chacun pour soi, pourrait profiter pleinement à l’Afrique du Sud. L’Afrique du Sud et ses voisins africains devraient s’inspirer de ce type de modèle dont ils pourraient récolter de nombreux avantages sociétaux et environnementaux. Et l’Afrique du Sud pourrait ici jouer un rôle moteur.

A Wizeimpact, nous sommes de fervents défenseurs du concept novateur d’Economie Circulaire. Nous sommes aussi conscients que la « maximisation du profit » – qui reste au cœur de ce modèle de croissance latérale – a déjà fait suffisamment de dégâts. Le souci de performance financière comme seul « succès » ne doit plus être.

Les modèles d’affaires circulaires sont conçus pour reproduire les cycles naturels afin de percevoir les déchets comme des ressources, d’enlever tous produits toxiques de nos écosystèmes et de continuellement se régénérer selon les limites environnementales. Pourquoi ne pas intégrer également la dimension sociale ? Inégalités, pauvreté et autres problématiques de sociétales par exemple. Nous savons pertinemment que c’est également une pièce clé du puzzle!

Alors que nous disposons des esprits les plus brillants, tablant actuellement sur ce sujet, pourquoi ne pas aller plus loin en donnant aux décideurs les moyens de prendre des choix valorisants?

Une Economie Circulaire Valorisée place la création de valeur – toutes les valeurs - comme le nouveau « succès » - et non plus les simples profits financiers. Nous cherchons à créer des entreprises circulaires valorisées afin qu’elles promeuvent une économie positive, restauratrice, et soucieuse d’être bénéfiques aux populations. Une économie où les entreprises sociales deviennent la norme, non plus l’exception. Il est évident que de nombreux acteurs économiques ne seront pas enclins à mettre en place un tel modèle, en commençant par les grandes multinationales et le système financier actuel.

Travailler sur les notions multidimensionnelles de valeur-comme-référence du « succès » est bien plus impactant et pourrait amener à des décisions beaucoup plus raisonnées. Que ce soit pour les Sud-Africains, pour les Africains ou pour chacun d’entre nous. Compte-tenu de son passé et des futures prévisions – c’est bien l’Afrique qui en a le plus besoin.

En Afrique du Sud, un modèle économique créateur de valeur permettrait de développer une vision plus globale d’économie positive bénéficiant à l’ensemble des Sud-Africains et au delà. Si les acteurs économiques décident de prendre cette direction, les bénéfices pourraient être sans commune mesure.
Une Economie Circulaire Valorisée pour l’Afrique du Sud pourrait être basée sur les trois piliers suivants :

1. L’inclusion de tous – où chacun peut avoir accès à ses propres besoins vu que « l’accès aux biens » ne requiert plus de les posséder.
Cela dégagerait des moyens financiers pour d’autres services et accélèrerait l’éradication de la pauvreté ;


2. La création de valeur - où les personnes auront un plus grand accès aux biens malgré leurs faibles moyens, et où niveau de vie décent et revenu faible ne sont pas incompatibles. Cela permettrait de s’affranchir des crédits financiers et in-fine de la situation dramatique de l’endettement ;


3. Le bien être - où chacun peut accéder à un revenu garanti étant donné que dans une Economie Circulaire la notion du travail est revisitée, et que de nouveaux emplois, micro-emplois et de micro-tâches qui n’existent pas encore verront le jour : le travail deviendra une ressource infiniment renouvelable et durable.
Nous sommes toujours aux prémices de l’Economie Circulaire en Afrique du Sud. Le débat national sur cette thématique n’a pas encore été lancé. Avec les nombreux défis qui se présentent devant nous – comme le souligne la Banque Mondiale - les Africains et les Sud Africains se devront de définir eux-mêmes leur propre modèle de « succès », l’Economie Circulaire Valorisée pourrait être une option.

Par Alex Lemille, Fondateur de Wizeimpact

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Alex est le fondateur de Wizeimpact (Wizeimpact.com), une entreprise à but-bénéfique qui utilise le langage des affaires comme un outil puissant pour trouver des solutions à nos problèmes économiques, environnementaux et sociaux. Récemment, Alex a été sélectionné par le Forum Mondial de l'Economie pour The Circulars 2016, premières récompenses mondiales dans le domaine de l’économie circulaire, avec son concept d’Economie Circulaire socialement inclusive: l’Economie Circulaire Valorisée ou [Pauvreté=Déchets], à savoir, tous deux sont des externalités de notre système linéaire. Alex fait activement la promotion de l’Economie Circulaire dans les pays à forte croissance où il perçoit un énorme impact social et sociétal. Il présentera son concept au Festival DIF organise par la Fondation Ellen MacArthur (le 6 Novembre 2015 - #ThinkDIF).

Suivez Alex: @AlexLemille


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