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Source: www.jeuneafrique.com, Publication: Mon 24 Jul 2017

Un programme de l’AFD accusé par des ONG de menacer les forêts d’Afrique centrale


Un programme de l’AFD accusé par des ONG de menacer les forêts d’Afrique centrale


Un programme de l’AFD accusé par des ONG de menacer les forêts d’Afrique centrale

Dans un communiqué conjoint, une coalition d'ONG congolaises et internationales, dont Global Witness, Rainforest Foundation et Greenpeace, ont appelé l'Agence française de développement (AFD) à rejeter l'un de ses projets, financé par un programme norvégien de lutte contre la déforestation dans les pays tropicaux, estimant qu'il va aggraver la déforestation au lieu de la combattre. Ce que conteste l'AFD.

« Les gouvernements français et norvégien se trompent gravement s’ils pensent qu’ils peuvent sauver une forêt en coupant des arbres », a déclaré Jo Blackman, de Global Witness, dans un communiqué signé par une coalition d’ONG qui dénoncent un projet porté par le fonds CAFI (Initiative pour la Forêt de l’Afrique centrale) et mis en oeuvre par l’AFD.

L’initiative CAFI vise à lutter contre la déforestation et la dégradation des zones forestière en Afrique centrale, qui abrite la deuxième plus grande forêt tropicale au monde avec plus de 240 millions d’hectares, dont 155 millions en RD Congo. Elle rassemble six pays d’Afrique centrale (Cameroun, République centrafricaine, RDC, Guinée équatoriale, Gabon et Congo-Brazzaville), des donateurs tels que l’Union européenne, la France, l’Allemagne et la Norvège.

Formalisation de l’exploitation forestière

Le projet en question, financé par CAFI et mis en œuvre par l’AFD, a été retenu par le fond national REDD+ (Réduction des émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêt) de la RD Congo, suite à un appel d’offre publié en novembre dernier. Le CAFI y allouerait le montant de 12 millions de dollars, et l’AFD 4 millions de dollars, selon les chiffres communiqués par les institutions donatrices.

Le programme vise à créer une politique « permettant une gestion durable des ressources forestières », avec un accent mis sur la gestion des concessions communales ou communautaires. L’objectif ? « Développer des modèles qui pourront être réplicables dans le reste du pays », explique Frédérique Willard, chef de projets de la division agriculture, développement rural et Biodiversité à l’AFD.

Moteurs de la déforestation

La coalition d’ONG s’inquiète d’une série de mesures prévues dans le projet, comme la levée du moratoire sur l’allocation de nouvelles concessions forestières industrielles en RD Congo en place depuis 2002 ou des financements pour les entreprises forestières. Des mesures qui ne vont faire qu’aggraver la déforestation, selon ces ONG.

« Il ne faut pas se tromper de combat : le projet que porte l’AFD renforce l’observateur indépendant et la gouvernance locale pour lutter efficacement contre la déforestation », conteste Frédérique Willard, pour qui les mesures critiquées par les ONG ne sont pas le cœur du programme.

Et de citer un rapport du programme REDD des Nations Unies sur les moteurs de la déforestation en RD Congo qui souligne que « les principales causes directes [de la déforestation] sont : l’agriculture itinérante sur brûlis (première cause pour les deux études), l’exploitation artisanale de bois, le bois énergie et la production de charbon de bois et enfin l’exploitation minière. »

« Ce n’est pas dans les concessions forestières formelles que sévit la déforestation, car il y a des plans d’aménagement », répète Frédérique Willard. « Les concessions visent généralement à sécuriser le domaine forestier permanent à long terme : la déforestation est généralement plus faible au sein des concessions qu’en dehors », renchérit l’AFD dans une note technique de réponse aux ONG.

Ce programme, s’il est mis en œuvre, pourrait être responsable de l’émission de 610 000 000 tonnes de CO2

« En plus de détruire une forêt qui abrite plusieurs espèces sauvages rares, telles que les bonobos, et d’affecter les conditions de vie des habitants des forêts, ce programme, s’il est mis en œuvre, pourrait être responsable de l’émission de 610 millions de tonnes de CO2, soit presque autant que le secteur international de l’aviation en 2015 », dénoncent les ONG dans leur communiqué.

 


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