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Source: Green countries, Publication: Mon 11 Jul 2016

BURKINA FASO: Kaya : Le Lac Dem menacé par le sable


BURKINA FASO: Kaya : Le Lac Dem menacé par le sable


BURKINA FASO: Kaya : Le Lac Dem menacé par le sable

Le lac Dem s’ensable. Il faut vite y trouver une solution. Situé à environ 10 km de Kaya, chef-lieu de la région du Centre-Nord, ce bassin naturel croupit sous le poids de l’ensablement. Cela, du fait de l’action de l’homme.

De la maraîchère culture et de l’agriculture dans le lit

Tout autour du lac sont installés des agricultures et des maraîchers. Ce réservoir naturel nourrit les populations de quatorze villages. « Nous sommes plusieurs milliers à profiter du lac. Il y a ceux qui pratiquent l’agriculture, le jardinage, ceux qui cultivent la patate et les éleveurs qui viennent abreuver leurs troupeaux. Ce sont au total quatorze villages qui entourent le lac et les populations vivent du lac », a indiqué Ousmane Sawadogo, trésorier du Comité local de l’eau (CLE). Certains paysans, au fur et à mesure que l’eau se retire du fait de la saison sèche, en voulant se rapprocher le plus de l’eau, pratiquent leurs activités dans le lit du lac. C’est le cas des maraîchers dont les cultures sont englouties par les eaux une fois la saison des pluies arrivée. D’autres, par contre, font des tranchées pour drainer les eaux jusqu’à leurs champs. « Ces tranchées entrainent l’ensablement du lac », a expliqué Pierre Zoungrana, chargé de l’appui-conseil au Secrétariat permanent pour la Gestion intégrée des ressources en eau (SP/GIRE).

En plus de l’ensablement, le lac est menacé par la pollution car des engrais chimiques et autres herbicides sont utilisés à quelques encablures de ce réservoir. « Les maraîchers et les agricultures utilisent des engrains et des herbicides. Nous sommes conscients que cela entraine des risques de pollution pour l’eau et partant les utilisateurs. Nous avons même remarqué une diminution du poisson dans le lac. Et je me dis que cela est dû aux produits chimiques que les gens utilisent », a ajouté Ousmane Sawadogo.

Des initiatives villageoises

Ayant remarqué l’ensablement du lac, le chef coutumier de Pikou, l’un des quatorze villages qui entourent le lac, a entrepris en 2006 une plantation d’arbres. C’est aujourd’hui un verger qui participe à la protection des berges. En 2007, l’AEN a été créée pour assurer l’existence des retenues d’eau dont le lac Dem. Le Comité local de l’eau (CLE) a alors été mis en place avec l’accord des populations. « Depuis lors des actions sont menées. Les membres du CLE ont fait le reboisement et sensibilisent aujourd’hui les autres à éviter l’utilisation des engrais chimiques et autres herbicides et d’éviter de cultiver dans le lit du lac », a expliqué Patrice Compaoré, membre de l’AEN.

A en croire les différents responsables, les populations sont disposées à œuvrer à la protection du lac. Mais certaines mauvaises pratiques ont encore la peau dure. Et si rien n’est fait au plus vite, la situation, bien qu’elle ne soit pas encore alarmante, pourrait le devenir surtout si les orpailleurs se mettent dans l’utilisation des eaux du lac.

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net


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