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DEVELOPPEMENT -ENVIRONNEMENT


Source: www.sodefor.ci, Publication: Tue 05 Apr 2016

L'APPAUVRISSEMENT DES FORÊTS EUROPÉENNES DIMINUE LA DIVERSITÉ DE LEUR SERVICES


L'APPAUVRISSEMENT DES FORÊTS EUROPÉENNES DIMINUE LA DIVERSITÉ DE LEUR SERVICES


L'APPAUVRISSEMENT DES FORÊTS EUROPÉENNES DIMINUE LA DIVERSITÉ DE LEUR SERVICES

La déforestation est en partie compensée par les plantations d'arbres : un argument souvent avancé pour nuancer l'empreinte de l'Homme sur son milieu et/ou pour justifier un « droit » à défricher une zone « naturelle » tout en replantant ailleurs.

Il s'agit de la compensation écologique chère à toutes les études environnementales et qui est pourtant loin d'être satisfaisante comme le montre une nouvelle étude sur les forêts européennes.

Un collectif de chercheurs européens impliquant l'Inra et le CNRS vient de publier dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA (PNAS) une étude qui montre que l'homogénéisation des forêts diminue la diversité de leurs services écosystémiques. Plus précisément, l'homogénéisation des écosystèmes forestiers et le déclin de la diversité des arbres réduisent la capacité des forêts à fournir des services écosystémiques essentiels tels que la production de bois ou le stockage de carbone.

"Au cours des dernières décennies, les activités humaines ont conduit à l'extinction de nombreuses espèces au niveau local et mondial. Parallèlement, ces activités, comme les plantations agricoles et forestières, ainsi que les introductions et l'expansion d'espèces exotiques, ont également généré une homogénéisation croissante des écosystèmes à l'échelle mondiale, du point de vue de leur composition en espèces végétales et animales" indiquent les chercheurs.

Ce phénomène d'homogénéisation biotique est parfois qualifié d'« Effet MacDonald's », par analogie avec les grands centres commerciaux dominés de manière croissante par un petit nombre d'enseignes franchisées, ce qui conduit à standardiser l'offre et à la réduire qualitativement.

Dans les forêts européennes, le déclin de la diversité des arbres et l'homogénéisation biotique sont deux phénomènes très répandus. Cependant, alors que de nombreux travaux scientifiques ont étudié les conséquences de la disparition des espèces sur le bien-être humain, aucune recherche n'avait encore montré les conséquences de l'homogénéisation biotique sur la diversité des services écosystémiques, bénéfices générés pour les sociétés humaines par les écosystèmes.

C'est tout l'objet d'un vaste vaste projet collaboratif européen intitulé FunDivEUROPE qui implique 29 équipes de recherche. Les chercheurs ont combiné des données provenant de plus de 200 parcelles dans les forêts de six pays (Allemagne, Espagne, Finlande, Italie, Pologne et Roumanie). Tout d'abord, ils ont déterminé les différentes fonctions et services remplis par les écosystèmes forestiers. Puis, ils ont utilisé des simulations informatiques pour tester les conséquences de l'homogénéisation biotique et du déclin de la diversité des arbres sur la capacité des écosystèmes forestiers à assurer seize fonctions essentielles telles que la production de bois d'œuvre, le stockage de carbone, la résistance aux bioagresseurs ou le maintien de la diversité des oiseaux.

L'étude montre que les effets du déclin des espèces d'arbres sont très variables alors que, dans presque tous les scénarios étudiés, l'homogénéisation biotique a un impact négatif sur la capacité des forêts à fournir des services écosystémiques multiples. Cela s'explique par le fait que toutes les espèces d'arbres ne fournissent pas les mêmes services avec la même intensité. Par exemple, dans les forêts polonaises, l'épicéa commun permet d'obtenir un bois d'œuvre de très bonne qualité, tandis que les forêts de charmes favorisent la présence d'une diversité de plantes favorable, par exemple, au développement d'un tourisme vert. Les paysages composés d'une diversité de forêts sont donc plus à même de fournir une gamme diversifiée de services écosystémiques que des paysages où les forêts sont dominées par les mêmes espèces d'arbres.

Par exemple, les forêts françaises, proches des grandes villes, sont en grande partie gérées et exploitées pour satisfaire un besoin de loisir et de détente, qui n'est pas forcèment synonyme d'équilibre du milieu et de biodiversité. Pour s'en convaincre, il suffit de se rendre compte de la pauvreté en espèces animales et végétales rencontrées lors des promenades dominicales.

Autre exemple, la plantation d'arbres, ne s'accompagne pas toujours d'une réflexion poussée sur les espèces à planter, ce qui conduit la zone reboisée à être homogène et pauvre. Ainsi, le nombre d'arbres plantés n'est pas un critère suffisant pour apprécier l'efficacité du reboisement.

Selon les chercheurs, ces résultats suggèrent que minimiser « l'Effet MacDonald's », par exemple en prévenant l'invasion par des espèces exotiques ou en ayant recours à une plus grande diversité d'arbres pour les forêts de plantation, pourrait favoriser la multifonctionnalité des forêts, permettant ainsi de répondre à une triple exigence environnementale, économique, et sociale.


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