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Source: www.reporterre.net, Publication: Thu 12 Feb 2015

Les nouveaux entrepreneurs prospèrent en vélo


Les nouveaux entrepreneurs prospèrent en vélo


Les nouveaux entrepreneurs prospèrent en vélo

Les sociétés confrontées au déplacement urbain délaissent de plus en plus la voiture pour le vélo. Coursiers, plombiers, glaciers ou encore infirmiers libéraux, ces cycloentrepreneurs voient là un gain de temps et d’argent, et défendent une certaine vision de la ville.

En 2009, Arane Dumont décide qu’il est temps de ne plus être un plombier comme les autres. « La difficulté à trouver des places lors des interventions, la perte de temps, les PV, ça m’a vraiment amené à un ras-le-bol de la voiture », explique le Toulousain. Avec deux amis, il lance le collectif des Zecoplombiers, artisans intervenant à vélo au cœur de la ville rose.

D’après l’Ademe, plus de la moitié des trajets urbains font moins de trois kilomètres (zone de pertinence du vélo). Alors que seuls 3 % de ces déplacements se font en pédalant ! Nombre de sociétés regardent le vélo comme un véhicule efficace.

Au premier rang d’entre eux, les coursiers, dont l’efficacité n’est plus à prouver dans des villes comme Paris. Viennent ensuite les sociétés de livraison, qui résolvent à moindre coût l’enjeu du « dernier kilomètre », considéré comme étant le plus coûteux (la faute aux centre-villes engorgés et bondés).

Et il y a cette large catégorie d’entrepreneurs pour qui l’acheminement n’est pas forcément la finalité. Les Zecoplombiers n’y sont pas seuls, on s’en rend compte avec le collectif Boîtes à vélo, fondé fin 2013. Un glacier, un infirmier, un peintre en bâtiment, des cafetiers itinérants et bien d’autres, tous pédalant à Nantes.

Un atout en zone urbaine dense

« Le vélo n’a pas d’intérêt dans les villes de taille moyenne. Nous, on agit sur l’île de Nantes où la densité urbaine justifie l’usage du vélo, avec 18 000 habitants pour quatre kilomètres carrés », explique Céline Emoulou-Zoa qui livre des paniers bio pour Croquinelle.

A Rennes, Sébastien Le Menac’h fait le même constat. Sa SCOPToutenvélo propose, entre autres, des déménagements intra-muros faits entièrement à vélo. « Tant qu’on reste dans l’hypercentre, il y a un vrai gain de temps : avec les remorques on se faufile partout. Sur une heure de temps, on gagne quinze minutes comparé au camion », constate-t-il. Cela dépend aussi de la qualité des aménagements cyclables décidés par les villes, que le Rennais juge corrects chez lui, malgré la rudesse du pavé breton.

Le gain de temps n’est pas le seul avantage de cette mobilité douce. « Les frais n’ont aucune commune mesure avec la voiture. Nos vélos électriques valent 3 000 euros, un coût très vite amorti. Derrière, pour le client, on n’est pas forcément moins cher qu’un autre sur la main d’œuvre. Mais on facture le déplacement à 15 euros là où
d’autres sont à 50 »
, garantit Arane Dumont.

A Toutenvélo, grâce à ces économies, on se dit 40 % moins cher qu’un déménageur classique. Contrepartie du biclou : le périmètre d’action forcément restreint limite le nombre de clients potentiels. Pas forcément une contrainte selon les Zécoplombiers. « Moins il y a de distance, mieux on se porte. Si on voulait se développer, au lieu d’élargir le périmètre, on créerait plusieurs équipes autours de plusieurs pôles, comme pour quadriller la ville. »

- Un déménagement de Toutenvélo à Rennes -

L’entrepreneur, acteur de la ville de demain

Cette stratégie entrepreneuriale fait écho à une philosophie plus globale, empreinte d’écologie. Les Nantais de Croquinelle font dans l’alimentation durable, les Rennais de Toutenvélo insistent sur le caractère non-polluant, les Zecoplombiers promeuvent les dispositifs d’économies d’eau.

A écouter Arane Dumont, c’est surtout d’une vision de la cité dont il est question. « On défend une ville à échelle humaine : on fait plus facilement des rencontres à vélo. Une ville avec une facilité de circulation, une ambiance sonore... L’étalement urbain, ce n’est pas le futur. Il faut relocaliser la ville, quartier par quartier. »


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