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Source: www.banquemondiale.org, Publication: Mon 20 Jun 2016

Au Ghana, l’essor de l’ananas enrichit les communautés et ouvre d’autres perspectives aux ouvriers agricoles


Au Ghana, l’essor de l’ananas enrichit les communautés et ouvre d’autres perspectives aux ouvriers agricoles


Au Ghana, l’essor de l’ananas enrichit les communautés et ouvre d’autres perspectives aux ouvriers agricoles

LES POINTS MARQUANTS
  • Grâce à un projet soutenu par la Banque mondiale, l’entreprise Gold Coast Fruits est parvenue à se hisser au quatrième rang des exportateurs d’ananas du Ghana.
  • Le projet a permis de financer les services d’un consultant venu du Costa Rica pour former les agriculteurs à l’utilisation des engrais, au sarclage et au désherbage, à l’application de produits chimiques et aux systèmes de drainage.
  • Le succès de l’entreprise bénéficie aux ouvriers et aux communautés environnantes, puisqu’elle soutient des projets de développement social, environnemental et économique.

ADEISO, 7 juin 2016 – Pendant pratiquement huit ans, les agriculteurs travaillant pour Gold Coast Fruits (a) ont planté, rangée après rangée, des plantules d’ananas sur quelque 400 hectares de terres. Ensuite, toutes les trois semaines, ils venaient sarcler, désherber et engraisser le terrain à la main. Puis ils laissaient faire la nature.

Au moment de la récolte, plus d’un an après, au lieu de fruits charnus, juteux et sucrés, les ouvriers retrouvaient des plantes malades, des fruits gorgés d’eau, peu sucrés voire excessivement acides et trop petits pour être commercialisés. L’exploitation perdait ainsi jusqu’à 40 % de ses récoltes.

« Pendant la saison des pluies, il suffit de perdre deux centimètres de couche arable pour perdre la majorité des éléments nutritifs », explique Richard Kudjonu, responsable de l’éducation au commerce équitable sur l’exploitation. « Les ananas ne grossissaient pas suffisamment et manquaient de goût, sans parler d’une apparence peu appétissante. Il n’y a pas de miracle : vous cueillez ce que vous avez planté. »

Cette situation a perduré jusqu’en 2013, lorsque le responsable de l’exploitation Patrick Osei Serebour a postulé pour un financement du Fonds pour le développement des compétences, soutenu en partie par la Banque mondiale à travers son Projet d’appui au développement des compétences et des technologies au Ghana (a). Grâce à l’allocation de 247 920 cedis ghanéens (61 220 dollars), Gold Coast Fruits a pu s’adjoindre les services avisés d’un consultant originaire du Costa Rica, l’un des plus gros exportateurs d’ananas au monde.

« Ce projet soutient les chefs d’entreprise en leur laissant toute latitude pour utiliser les fonds en fonction des besoins les plus pressants », souligne Peter Darvas, ancien responsable du projet. « Certaines entreprises ont choisi de former leur personnel, d’autres de privilégier les échanges de connaissances. Dans tous les cas, cela a permis d’avoir une main-d’œuvre plus solide, mieux outillée et plus compétitive. »

Le consultant a formé les ouvriers agricoles aux pratiques agronomiques nécessaires pour produire une nouvelle variété d’ananas, le MD2, qui se conserve longtemps et dont la forme cylindrique caractéristique permet un empilement facile sur les étals des commerçants. Les zones de plantation ont été drainées, pour éviter que l’eau ne stagne au pied des plantes et ne provoque des maladies. Les agriculteurs ont appris à utiliser les engrais selon un dosage idéal pour obtenir les meilleurs fruits. Et ils se sont convertis aux pulvérisateurs mécaniques pour épandre les engrais et les désherbants, bien plus efficaces que les méthodes manuelles habituelles.

« Quand nous travaillions à la main, nous propagions les maladies d’une plante à l’autre avec nos vêtements. Ensuite, il fallait dépenser beaucoup d’argent pour soigner les ananas », raconte George Dzibolosu, responsable du sarclage, du désherbage, des engrais et des produits chimiques. « Maintenant, nous savons qu’en limitant le nombre de personnes en contact avec les plantes, nous réduisons la propagation des maladies. »

Ces changements ont permis d’obtenir des ananas dont la qualité fait désormais la réputation de l’entreprise qui, sur les 55 tonnes produites par hectare, en exporte 45 tonnes vers l’Europe, l’Amérique du Nord et le Moyen-Orient, ce qui fait d’elle le quatrième exportateur d’ananas du Ghana.

« Nous ne sommes pas forcément les mieux placés en termes de volume, mais la qualité de notre production est constante », note Patrick Osei Serebour. « Et nos ananas sont vraiment excellents. »

La réussite de Gold Coast Fruits a également eu des retombées positives sur les employés et les communautés environnantes. Grâce au principe du commerce équitable, les agriculteurs et les ouvriers touchent une rémunération juste et des sommes supplémentaires à investir dans des projets de développement social, environnemental ou économique.

« La prime du commerce équitable leur est directement versée sur un compte distinct », indique Richard Kudjonu, qui rappelle aussi que les projets sont choisis de manière collégiale. « Le commerce équitable bénéficie aux familles, aux ouvriers et à leurs communautés. » Car 60 % au moins des ouvriers vivent à proximité de l’exploitation.

Parmi les domaines dans lesquels les ouvriers ont investi leur prime, le renforcement des capacités. Cela leur permet, quand ils ne travaillent pas sur l’exploitation, de réfléchir à de nouvelles vocations — une recherche financée par l’entreprise.

« Nous ne voulons pas que les ouvriers soient uniquement tributaires de l’argent qu’ils gagnent ici, avec les ananas », explique George Dzibolosu. « Nous voulons qu’ils apprennent un métier qu’ils auront choisi, qu’ils acquièrent d’autres compétences et qu’ils puissent avoir une autre source de revenu. »

Certains se sont déjà formés à l’art du batik, à la boulangerie, à la coiffure ou au métier de chauffeur. Les fonds ont également été investis dans des programmes d’éducation sanitaire, ou ils ont servi à payer les études secondaires des enfants des ouvriers ou encore à améliorer la nutrition de tous en subventionnant le déjeuner de chaque travailleur.

Selon Patrick Osei Serebour, grâce à leurs acquis, les cultivateurs envisagent désormais d’augmenter les volumes de production et d’améliorer leur compétitivité. « Nous espérons exporter cette année entre 50 et 55 tonnes d’ananas », conclut-il. « Nous ne rattraperons pas les autres du jour au lendemain, mais nous finirons par y arriver. »


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