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Source: WEB DEVELOPPEMENT DURABLE, Publication: Fri 05 Dec 2014

Les États-Unis et la Chine s’engagent à réduire leurs émissions


Les États-Unis et la Chine s’engagent à réduire leurs émissions


La Chine et les États-Unis, les deux premiers émetteurs de gaz à effet de serre, se sont fixés mercredi à Pékin de nouveaux objectifs concernant leurs émissions, pressés par l’urgence d’un accord mondial à la conférence climat fin 2015 à Paris. La Chine, premier émetteur mondial, a adopté l’objectif d’un pic de ses émissions de gaz à effet de serre « autour de 2030″, avec l’intention « d’essayer d’y arriver plus tôt », a annoncé la Maison Blanche. De leur côté, les États-Unis se sont engagés sur une réduction de 26-28% de leurs émissions d’ici 2025 par rapport à 2005.

C’est la première fois que la Chine s’engage sur un pic de ses émissions, c’est-à-dire sur l’année à partir de laquelle celles-ci cesseront d’augmenter et où la courbe s’inversera.
Ces annonces ont été faites alors que le président américain Barack Obama était reçu à Pékin par son homologue chinois Xi Jinping, après que les deux dirigeants eurent participé la veille au sommet de coopération économique de l’Asie-Pacifique (Apec).

Le constat des scientifiques est sans appel : les efforts actuels sont insuffisants pour limiter la hausse de la température mondiale à +2°C, objectif que s’est fixée la communauté internationale pour éviter un emballement catastrophique des dérèglements climatiques. Or, fin 2015 à Paris, la conférence annuelle de l’ONU sur le climat doit justement décrocher un accord suffisamment ambitieux pour limiter le réchauffement à 2°C.

Les États-Unis et la Chine représentent à eux deux plus de 40% du total des émissions de CO2 de la planète. Les émissions de CO2 per capita de la Chine dépassent même désormais celles de l’Union européenne. L’objectif américain « est à la fois ambitieux et réalisable », a commenté un haut responsable américain sous couvert de l’anonymat. Cet objectif pourrait toutefois se heurter à l’opposition des élus du Congrès. Le fait que les Etats-Unis et la Chine, traditionnellement considérés comme les leaders de deux camps opposés (dans les négociations sur le climat), avancent ensemble, va avoir un gros impact », a-t-il ajouté.

Pékin met en avant le principe des « responsabilités communes mais différenciées », selon lequel la responsabilité de la lutte contre le réchauffement planétaire incombe principalement aux pays développés.

 

L’Europe de son côté s’est engagée sur une réduction d’au moins 40% de ses émissions pour 2030 par rapport à leur niveau de 1990 (accord du 24/10/2014).

Le mois dernier, la commissaire européenne au Climat, Connie Hedegaard, avait appelé les États-Unis à prendre un objectif « concret et ambitieux » de réduction de leurs émissions. Au sujet de l’année que choisirait la Chine pour commencer à réduire ses émissions, Mme Hedegaard avait déclaré : « Le faire en 2030 serait trop tardif. Une date beaucoup plus rapprochée serait un cadeau fait au monde par la Chine ».

La Chine, deuxième économie de la planète, également premier marché automobile mondial, est poussée à agir contre le CO2 car la pollution atmosphérique s’est imposée comme un problème majeur dans les métropoles chinoises. Le Premier ministre chinois Li Keqiang a récemment annoncé que le pays allait fermer 50.000 petits fourneaux à charbon et améliorer les performances environnementales de centrales de plus grande taille. Reste que la Chine représente la moitié de la consommation mondiale de charbon, une source dont elle tire plus de 70% de son énergie, avec une tendance toujours à la hausse : le pays continue en parallèle à bâtir de nombreuses nouvelles centrales thermiques.

De son côté, le GIEC (Groupe d’experts intergouvenemental sur l’évolution du climat) tire encore une fois le signal d’alarme dans son 5e rapport d’évaluation publié le 02 novembre 2014 à Copenhague. Les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ont atteint les niveaux les plus élevés « depuis 800.000 ans », affirment sans ambiguïté ces experts sur le climat. La température moyenne à la surface de la Terre et des océans a gagné 0,85°C entre 1880 et 2012, un réchauffement dont la vitesse est inédite et est principalement dûe à l’activité humaine.

Souhaitons donc que cette annonce États-Unis / Chine ne soit pas une n-ième annonce et tendent vers de réels engagements couplés aux actions. Al Gore partage sur son site plutôt un avis positif que sceptique.


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