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DEVELOPPEMENT -ENVIRONNEMENT


Source: lefaso.net, Publication: Sun 29 May 2016

burkina faso: Peut-on améliorer l’aménagement de la rue qui passe entre l’hôpital Yalgado Ouédraogo et le C.N.R.S.T ?


burkina faso: Peut-on améliorer l’aménagement de la rue qui passe entre l’hôpital Yalgado Ouédraogo et le C.N.R.S.T ?


BURKINA FASO: PEUT-ON AMÉLIORER L’AMÉNAGEMENT DE LA RUE QUI PASSE ENTRE L’HÔPITAL YALGADO OUÉDRAOGO ET LE C.N.R.S.T ?

Ouagadougou une ville avec sa forêt urbaine

Ouagadougou avec 2 millions d’habitants et une superficie de 50 000ha environ, a connu une dégradation de sa végétation naturelle initiale en quantité et en qualité. Seules les espèces utilitaires telles que le karité (Vitelariaparadoxa), le résinier (Lanneamicrocarpa), etc., ont été épargnées ou conservées. Les principales espèces fruitières que sont le manguier (Mangiferaindica), l’eucalyptus (Eucalyptus camaldulensis), la pomme d’acajou (Anacardiumoccidentale) et le caïlcédrat (Khayasenegalensis) ont été plantées à l’intérieur ou aux alentours des concessions et le long des rues.

La forêt classée du barrage (composée du Parc urbain Bangr-Weogo de 214 ha et de la portion de l’ancien club de l’Etrier), le parc botanique du C.N.R.S.T de 14ha et quelques espaces verts constituent désormais pour la ville de Ouagadougou, les grandes réserves forestières qui retiennent la poussière et purifie l’air de la ville. La ceinture verte, mise en place avant la, et qui avait pour but de protéger la capitale des vents desséchants,de piéger les poussières et d’atténuer le transport des sols par les eaux de ruissellement vers les barrages, a été presque totalement « consommée » par les habitats spontanés ou les lotissements (Kafando, 2006). Par ailleurs, la ville produit des déchets domestiques dont 34% des 300000 tonnes produits sont constituées de matières organiques (animaux et végétaux), selon une étude du CREPA de 1993 et Korahiré (2013).

Selon le document Projet de la Stratégie de Réduction des Déchets de Ouagadougou Création d’Emplois et de Revenus par des actions de collecte, de tri et de valorisation (PSRDO-CER) de la commun de Ouagadougou, la Valorisation des déchets par le compostage par le Centre de Traitement et de Valorisation des Déchets (C.T.V.D).

Réflexion sur l’aménagement de la nouvelle avenue

Ne pas planter des arbres de rue parce qu’ils sont salissants, c’est faire un mauvais procès aux arbres. Car comparaison faite des bienfaits que l’arbre procure, « y a pas match ! » comme on le dit vulgairement. En outre la proportion de déchets d’origine végétale dans l’ensemble des ordures ménagères produite par la ville est très faible et ne peut justifier le danger de planter des arbres sur la route.

C’est pourquoi, nous souhaitons que la partie centrale de la voie soit remblayée par la terre en lieu et place du béton et des pavés inertes et qu’on y plante des arbres ou arbustes de petite taille, à système racinaire non extensif. Pour cela, nous disposons d’espèces fruitières et/ou ornementales spontanées (Bauhinia rufescens, Stereospermumkunthianum…) ou à défaut de plantes exotiques (Palmier dattier, bougainvillier, ...).

Les plantations annoncées des accotements viendraient alors en complément. Cela aura pour avantage de réduire la quantité de béton au niveau central de la route et réduire les couts financiers et le rayonnement du bitume. Du coup,on contribuera à améliorer l’infiltration des eaux de pluies et à augmenter la norme d’aménagement paysager par habitant. La norme recommandée par l’O.M.S est de 9m2 alors qu’au niveau national nous sommes à 4m2 par personne.

Il serait bon qu’avant d’entamer les travaux de la nouvelle rue, l’on songe à publier les documents techniques de l’aménagement de la rue pour informer le public en général et les riverains et recueillir des propositions pertinentes d’amélioration de l’ouvrage incluant en son sein de la végétation sur tout le tracé. Je pense personnellement que les spécifications techniques doivent répondre à des termes de référence prenant en compte la nature et qui incluent les arbres ou arbustes pérennes et plus faciles à entretenir sur la route pour la rendre vivante en lieu et place d’imposer un modèle standard peu adapté au contexte sahélien.

Le plaidoyer ne sera peut-être pas bien compris car la recherche polyvalente de foresterie urbaine dans notre pays est à ses balbutiements. L’information existante est très dispersée et difficilement accessible. Il y a peu de données publiées sur la relation des habitants des villes (en particulier les pauvres) aux espaces verts urbains, sur la façon dont ils la mettent en valeur et comment les forêts urbaines impactent la santé et le bien-être. Les forestiers et les amis de la nature(existe-il encore un parti écologique au Burkina Faso ?) sont donc invités à murir la réflexion et privilégier des positions écocitoyennes dans les aménagements urbains à l’image des efforts des agronomes pour augmenter la production agricole urbaine.

Les arbres urbains devraient être considérés comme partie intégrante de l’infrastructure urbaine des pays arides et semi-arides. La qualité de vie, en particulier des groupes vulnérables dans ses pays peut être considérablement améliorée par une meilleure intégration des arbres urbains polyvalents et d’arbustes dans la conception urbaine et des initiatives de développement urbain. Toutefois, la foresterie urbaine n’a pas encore reçu l’attention qu’elle mérite dans l’architecture urbaine.

Si des efforts sont faits pour relever le niveau social des constructions routières, nous souhaitons qu’il en soit de même du volet écologique. Il faut donc éviter le déracinement systématique des arbres d’alignement des routes en aménagement.

Vous regretterez la chaleur qui vous envahira sur la nouvelle route,entre 12 et 14 heures de la journée, pendant la saison sèche chaude.

Références bibliographiques
Kafando Y., Transport urbain et santé des populations : le cas de Ouagadougou (Burkina Faso). DEA environnement et santé, Université d’Abomey Calavi, République du Bénin. 95 p., 2006.

Korahiré V., 2013. Burkina Faso : « Ouagadougou génère annuellement 300000 tonnes d’ordures ménagères ». Sidwaya quotidien du 1e février 2013.

Par Ganaba Souleymane, Département Environnement et Forêts, INERA, BP 7047 Ouagadougou 03, Burkina Faso

 
 
 
 
 
 

 
 


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