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DEVELOPPEMENT -ENVIRONNEMENT


Source: www.unep.org, Publication: Sun 15 Nov 2015

Les CPDN témoignent d'un mouvement sans précédent en faveur d'un accord sur le climat à Paris, mais il faudra redoubler d'ambition dans les années à venir pour atteindre l'objectif des 2°C


Les CPDN témoignent d'un mouvement sans précédent en faveur d'un accord sur le climat à Paris, mais il faudra redoubler d'ambition dans les années à venir pour atteindre l'objectif des 2°C


Les CPDN témoignent d'un mouvement sans précédent en faveur d'un accord sur le climat à Paris, mais il faudra redoubler d'ambition dans les années à venir pour atteindre l'objectif des 2°C 

Les CPDN prévoient une réduction des émissions de 6 Gt d'ici 2030, mais il faudrait 12 Gt supplémentaires pour combler l'écart entre besoins et perspectives.

Les politiques actuelles et la détermination des pays qui remettent leur contribution en amont de la conférence de Paris sur le climat permettront de limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES) d'origine humaine d'ici 2030. Le nouvel accord sur le climat peut cependant insuffler un regain d'ambition en vue de maintenir le réchauffement planétaire en deçà de 2 °C d'ici 2100. C'est ce qui ressort d'un rapport que vient de publier le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).

Ce rapport d'évaluation qui fait autorité, intitulé « Rapport sur l'écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions », a été réalisé par une équipe de scientifiques de premier plan et d'experts en modélisation du monde entier. Il présente une analyse des 119 contributions prévues déterminées au niveau national (CPDN) qui ont été communiquées à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques avant le 1er octobre 2015. Ces contributions portent sur 146 pays (l'Union européenne formant un seul bloc) et correspondent à près de 88 % des émissions mondiales de GES en 2012.

Les CPDN représentent une réduction des émissions de GES de 4 à 6 gigatonnes d'équivalent de dioxyde de carbone par an (Gt éq. CO2/an) en 2030 par rapport aux émissions prévues à partir des courbes d'évolution actuelles. Les perspectives pour 2030 fondées sur les politiques actuelles sont quant à elles inférieures de 5 Gt éq. CO2 aux estimations établies dans le cinquième Rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), à savoir 65 Gt éq. CO2, qui reposaient sur l'hypothèse qu'aucune autre politique climatique ne serait mise en place après 2010.

Ces données montrent que la lutte contre les changements climatiques, associée aux mesures qui ont précédé l'Accord de Paris et à une réalisation complète des CPDN, pourrait entraîner une baisse des émissions de 11 Gt éq. CO2 par rapport aux prévisions pour 2030. Il en faudrait cependant environ deux fois plus pour atteindre le niveau de 42 Gt éq. CO2 d'émissions à l'échelle mondiale correspondant à une bonne probabilité (supérieure à 66 %) de tenir l'objectif des 2 °C d'ici 2100.

Toute la difficulté consiste à infléchir la courbe d'évolution des émissions dès que possible pour être en mesure d'atteindre l'objectif d'une valeur nette de zéro d'ici 2060 à 2075.

Pour Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE, « associées aux politiques menées ces dernières années, les CPDN actuelles traduisent une réelle élévation des ambitions. Elles prouvent que les États membres n'ont jamais été aussi déterminés à lutter contre ce problème majeur d'envergure planétaire. »

 

 

« Les CPDN analysées dans le Rapport sur l'écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions marquent un tournant en ce qui concerne les efforts internationaux visant à infléchir l'évolution des futures émissions. Même si, en elles-mêmes, elles ne suffiront pas à maintenir le réchauffement des températures mondiales en deçà du niveau recommandé de 2 °C d'ici la fin du siècle, elles représentent un pas historique vers la décarbonisation de nos économies. Par contre, pour combler cet écart, il est essentiel que l'Accord de Paris adopte une approche dynamique favorisant une réévaluation régulière, à la hausse, des ambitions, de la mobilisation du financement de l'action climatique et d'autres formes de coopération. »

En cas de réalisation complète de toutes les CPDN, l'écart entre les perspectives et les besoins de réduction des émissions serait encore de 12 Gt éq. CO2, ce qui serait compatible avec un réchauffement d'environ 3 °C d'ici 2100, en plus d'importantes retombées sur le climat. Toutefois, ce scénario part de l'hypothèse que les pays ne réviseront ni n'intensifieront leurs efforts au cours des prochaines années (en 2025 ou 2030, par exemple). Le rapport fait également état d'incertitudes relatives aux différents scénarios fondés sur les données scientifiques disponibles les plus fiables.

Par ailleurs, le rapport recommande une action climatique précoce pour limiter les coûts au maximum et ainsi éviter des réductions plus drastiques et plus délicates par la suite.

Concernant les différents scénarios possibles d'écart entre les perspectives et les besoins en matière de réduction des émissions en 2025 et en 2030, le rapport dresse les constats suivants :

 

 

 

 

    • Les niveaux d'émission à l'échelle mondiale compatibles avec la probabilité de tenir l'objectif des 2 °C en suivant une stratégie à moindre coût à partir de 2020 sont de 48 Gt éq. CO2 (fourchette : 46-50) en 2025 et de 42 Gt éq. CO2 (fourchette : 31-44) en 2030.

 

 

    • En cas de réalisation de toutes les CPDN sans réserve, les émissions s'élèveraient à 54 Gt éq. CO2 (fourchette : 53-58) en 2025 et à 56 Gt éq. CO2 (fourchette : 54-59) en 2030. Cela correspond, respectivement, à des écarts de 7 Gt éq. CO2 (fourchette : 5-10) et de 14 Gt éq. CO2 (fourchette : 12-17) en 2025 et 2030.

 

 

    • En ajoutant les CPDN avec réserves, les prévisions passent à 53 Gt éq. CO2 (fourchette : 52-56) en 2025 et à 54 Gt éq. CO2 (fourchette : 52-57) en 2030. Cela correspond, respectivement, à des écarts de 5 Gt éq. CO2 (fourchette : 4-18) et de 12 Gt éq. CO2 (fourchette : 10-15) en 2025 et 2030.

 

 

    • Si les pays n'ayant pas encore soumis leur CPDN devaient réduire leurs émissions dans les mêmes proportions que les pays l'ayant déjà soumise, l'écart se réduirait de 0,5 Gt éq. CO2 supplémentaire en 2025 et de 1 Gt éq. CO2 supplémentaire en 2030.

 

 

 

 

Selon le rapport, dans la mesure où les CPDN encouragent l'adoption de nouvelles politiques et mesures relatives au climat, elles devraient offrir des avantages qui vont au-delà de la réduction prévue des niveaux d'émission de GES. Leur préparation a suscité une analyse des relations entre développement et climat, ainsi que l'élaboration de nouvelles politiques climatiques nationales. Elles peuvent même être considérées comme le point de départ d'une transition vers des économies sobres en carbone.

L'Accord de Paris pourrait dès lors prolonger et soutenir ces dispositifs, mais aussi encadrer la mobilisation en vue d'un redoublement des efforts d'atténuation requis.

 

 

D'autres solutions sont possibles

 

L'amélioration de l'efficacité énergétique (en particulier dans l'industrie, le bâtiment et les transports) et la généralisation des technologies à énergies renouvelables pour la production d'électricité joueront un rôle crucial. D'autres secteurs clés sont mis en avant dans les études analysées, notamment la sylviculture, l'agriculture et les déchets.

Au vu des possibilités considérables qu'offrent les mesures relatives aux forêts en matière d'atténuation des changements climatiques, le rapport met l'accent sur la REDD+. Le potentiel théorique lié à la réduction de la déforestation et au reboisement des forêts pourrait ainsi totaliser 9 Gt éq. CO2, Afrique, Asie-Pacifique, Amérique latine et Caraïbes confondues. Des facteurs économiques et liés à l'utilisation des terres devraient toutefois limiter ce potentiel théorique.

En effet, la déforestation, qui atteignait 7,6 millions d'hectares de forêts déboisées par an entre 2010 et 2015, est la première cause d'émissions liées à l'utilisation des terres. Bien que la REDD+ n'ait pas encore livré tout son potentiel, de nombreux pays se déclarent disposés à prendre des mesures d'atténuation de grande envergure dans le secteur forestier.

Ces initiatives pourraient en outre contribuer à la restauration massive de paysages forestiers dégradés, ce qui stimulerait la production alimentaire et faciliterait l'adaptation aux changements climatiques.

Le rapport relève également l'influence non négligeable des actions menées par des initiatives de coopération internationale, telles que le Groupe des grandes villes pour le climat C40, le Pacte des maires ou l'Initiative ciment pour le développement durable. Les analyses préliminaires font état d'une réduction des émissions de l'ordre de 0,75 à 2 Gt éq. CO2 en 2020.

 

Pour en savoir plus, contacter :

Shereen Zorba, directrice de la Division de la communication et de l'information, Programme des Nations Unies pour l'environnement, tél. +254 788 526 000, shereen.zorba@unep.org, ou

Michael Logan, chargé de communication et d'information, Programme des Nations Unies pour l'environnement,

tél. +254 725 939 620, michael.logan@unep.org

NOTES À L'INTENTION DES RÉDACTEURS

Le Résumé analytique du Rapport sur l'écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions peut être téléchargé sur UNEP Live, ainsi qu'une classification des CPDN par pays.

À propos de la méthode d'évaluation des CPDN

L'évaluation du volet « Atténuation » des CPDN se concentre sur les répercussions sur les émissions de GES à l'échelle nationale et mondiale, ainsi que sur les tendances actuelles de ces émissions, à l'horizon 2030. Les émissions cumulées résultant des CPDN sont comparées aux scénarios compatibles avec un maintien du réchauffement des températures en deçà de 2 °C, voire 1,5 °C, par rapport aux niveaux préindustriels. Les perspectives d'émissions sont fondées sur plusieurs hypothèses liées aux réserves à l'égard des CPDN, ce qui se traduit par deux scénarios : les CPDN avec réserves et les CPDN sans réserve. Ces scénarios s'appuient sur les conclusions de groupes de recherche ayant procédé à une estimation des émissions à l'échelle nationale, régionale et mondiale. Les courbes d'évolution des émissions actuelles sont supposées pour les pays ayant soumis uniquement des CPDN avec réserves. L'estimation mondiale des émissions en 2025 et 2030 a été établie à partir des courbes d'évolution actuelles. Lorsqu'un pays soumet sa propre CPDN, les estimations fondées sur sa courbe d'évolution actuelle sont remplacées par une estimation de ses futures émissions tenant compte de cette contribution. Les CPDN sont donc analysées de manière dynamique, la dernière correction étant prévue pour début 2016.

À propos du programme ONU-REDD

Le Programme de collaboration des Nations Unies sur la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD) dans les pays en développement a été lancé en 2008. Il bénéficie du rôle fédérateur et de l'expertise technique de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et du PNUE. Ce programme soutient les dispositifs de REDD+ d'origine nationale et encourage la participation constructive et éclairée de toutes les parties concernées, y compris les peuples autochtones et les autres communautés tributaires des forêts, à leur mise en oeuvre nationale et internationale.

Le programme ONU-REDD soutient les actions nationales de préparation à la REDD+ dans 65 pays partenaires d'Afrique, d'Asie-Pacifique et d'Amérique latine i) en soutenant directement l'élaboration et la mise en oeuvre de programmes nationaux ONU-REDD et ii) en apportant un appui complémentaire aux activités nationales de REDD+ par le biais d'approches, d'analyses, de méthodes, d'outils, de données et de bonnes pratiques élaborés en commun dans le cadre du programme mondial.

 


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